UnAngePasse | « Je t’aime à la philo »
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Amour courtois

« Je t’aime à la philo »

Le titre m’a semblé bien foutu. « Je t’aime à la philo » d’Olivia Gazalé… folie… philo… J’aurais aimé le trouver celui-là ! J’ai extirpé l’ouvrage des rayonnages de la librairie, l’ai retourné, feuilleté au hasard et suis tombée sur  « Avec l’amour maternel, la vie vous fait, à l’aube, une promesse qu’elle ne tient jamais… » Tiens, elle aussi a gardé quelque chose de Romain Gary (La promesse de l’aube), me dis-je. Pour la modique somme de 7,10 €, j’ai donc fait l’acquisition de ce petit livre rouge, guidée par l’intuition que philo+amour+1 point commun, c’est déjà un bon début. A l’instinct pourtant, je dois bien avouer qu’une fois sur trois environ, l’hyper déception est au rendez-vous. Hiatus entre capacités intellectuelles projetées et capacités intellectuelles réelles ? Exactement. On présume de ses forces, on achète Kierkegaard mais on se rue sur Gala.

Or, là, il n’y a pas que le titre, le livre est lui aussi diablement bien foutu. « Sommes-nous biologiquement programmés pour aimer ? » « Qui a inventé la morale sexuelle occidentale ? » »Le mariage d’amour est-il la première cause de divorce ? » « Le mot « amour » a-t-il le même sens pour l’homme et pour la femme ? » Voilà bien des questions qu’on peut être amené à se poser dans une existence, non ? Ou que l’on devrait être amené à se poser à un âge ou à un autre ? L’auteur répond à chaque interrogation, avec une simplicité et une contemporaneité déconcertantes, par une démonstration chaque fois étayée de moult points de vues de philosophes, anciens ou modernes. Publié en 2012, le livre brosse un portrait du sentiment amoureux, dans le contexte socio-culturel de 2012. Ce que je veux souligner, c’est que, sans s’affranchir des mythes, normes et principes religieux qui sont les nôtres et viennent de loin,  Olivia Gazalé livre une thèse philosophique capable de répondre à des questions de 2012. Encore valables, je vous rassure, pour 2013, 2014 et après. Et ça fait du bien. Beaucoup de bien…

Ce matin, au Festival Philosophia, à Saint Emilion, dont Olivia Gazalé était l’invitée, j’ai pu mettre un visage sur cette pensée belle et lumineuse (Joli visage. Très belle femme. Et brillante avec ça. Bref.). Loin d’être magistrale, ce qui peut conférer un certain écrasement du point de vue de l’auditeur (on n’est plus des étudiants !), sa conférence a eu ce qu’il faut de petits trébuchements et d’hésitations pour devenir accessible. L’émotion était là aussi.

Pour ceux qui n’y étaient pas : non, il n’est pas possible de s’engager pour une vie. Personne ne peut savoir s’il aimera encore dans 10 jours, 10 mois ou 10 ans. Parce que « comme la fièvre, l’amour naît et s’éteint sans que la volonté y soit pour quelque chose » (Rousseau). Oui, la déclaration d’amour est toujours une promesse d’éternité.  Oui ou non faut-il renoncer à l’amour quand il surgit et que je suis en couple ? Qu’y a-t-il de pire : trahir l’autre ou trahir soi-même ? Peut-on croire à la fidélité du couple et à la passion adultère ? N’est-ce pas totalitaire que d’attendre que l’autre vous apporte tout au nom de l’amour ? Sommes-nous vraiment dans l’ère des relations liquides ? Heureusement, la note d’espoir a surgi du témoignage littéraire d’Edgar Morin, à propos d’Edwige ou bien encore de Jacques de Bourbon Busset, sur sa belle Laurence, deux couples bénis par l’amour. Alors, la recette du couple éternel ? Complicité + tendresse + bienveillance. A chaque étape de la vie. Tous aux travaux pratiques… Et aimez-vous à la philo. (Crédit photo : Festival Philosophia)

 

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